Baïonnette M6 des Forces Armées d'Haïti (FAD'H).
C'est une baïonnette très intéressante et particulièrement rare ! Le marquage FADH (ou FAD'H) signifie Forces Armées d'Haïti. Le numéro 0061 correspond au numéro de série unique de l'arme au sein de ce contrat spécifique.
Contexte historique de cette baïonnette
Dans les années 1960 et 1970, le gouvernement américain (ou des fabricants agréés) a fourni du matériel militaire à ses alliés d'Amérique latine et des Caraïbes afin d'endiguer le communisme dans la région.
À cette époque, Haïti a équipé ses unités d'élite et sa garde présidentielle de fusils automatiques américains M14. Les fabricants américains habituels (tels que Milpar ou Imperial) étant pleinement mobilisés par la guerre du Vietnam, certains de ces contrats d'exportation ont été sous-traités. Un fabricant renommé ayant produit ces contrats spécifiques pour Haïti était A. Eickhorn-Solingen (AES) en Allemagne de l'Ouest. Cette entreprise les a reproduits exactement selon les spécifications militaires américaines (mil-spec), tout en y apposant les poinçons de propriété haïtiens.
Pourquoi a-t-elle été modifiée en dague ?
La présence du marquage FADH sur la lame apporte une explication tout à fait logique à sa modification en dague :
- Besoin local en couteaux de combat : Au cours de l'histoire politique turbulente d'Haïti (notamment sous le régime des Duvalier et de la sinistre milice des Tontons Macoutes), les militaires et le personnel paramilitaire portaient plus souvent les baïonnettes sur eux comme couteaux de combat intimidants, plutôt que de les monter réellement sur un fusil.
- Utilisation pratique : En meulant la bague de canon et en adaptant parfois le mécanisme de verrouillage, les soldats haïtiens ont transformé une baïonnette relativement encombrante en une dague à double tranchant parfaitement équilibrée, bien plus facile à porter au ceinturon.
Valeur de collection
Les baïonnettes M6 dotées d'un marquage FAD'H sont en soi très rares et recherchées par les collectionneurs de militaria, car seul un nombre limité d'exemplaires a été expédié en Haïti à l'époque. Bien que la modification en dague ait altéré l'état d'origine d'usine, ce poinçon confère à l'arme un contexte historique brut et fascinant (« provenance »). Cela en fait une pièce d'histoire tangible de la guerre froide dans les Caraïbes.

